Les impayés en forte hausse : le recours aux sociétés

Le montant des factures est compris entre 5000 et 100000 DH. Une grande partie des débiteurs indélicats se retrouve dans le tourisme, les matériaux de construction et le commerce.

En ces temps de crise, où il devient difficile de faire des affaires, il est encore plus ardu de se faire payer ses factures. Que ce soit les créances envers les banques ou inter-entreprises, les défauts de paiement connaissent une recrudescence importante. D’après les chiffres de Bank Al-Maghrib, les créances en souffrance ont atteint 34,5 milliards de DH à fin avril 2012, en hausse de 3,5% par rapport à décembre 2011 ou encore de 9,4% par rapport à la même période de cette même année. Elles constituent aujourd’hui 5,1% des crédits à l’économie au lieu de 4,85% en décembre.

Hormis leurs propres efforts en interne, les entreprises et autres organismes financiers se voient parfois contraints de faire appel à des sociétés spécialisées pour le recouvrement de leur dû. Ainsi, lorsqu’une société ou une entreprise souhaite procéder au recouvrement de créances, elle va donner à la société spécialisée mandat ou procuration aux fins de procéder aux opérations de recouvrement à l’amiable et dans de rares cas lui donner également l’autorisation pour le contentieux. Quoique dans la majorité des cas, les entreprises, les PME en particulier, évitent d’y avoir recours, soit à cause des sommes qui ne sont pas assez conséquentes, soit de peur de perdre un gros client, il n’en demeure pas moins que ces sociétés connaissent, ces derniers mois, une demande accrue pour leurs services.

Et pour cause, les professionnels du recouvrement indiquent que les  impayés et incidents de paiement ont augmenté de l’ordre de 10% à 15%, selon les secteurs. D’autres parlent même d’une hausse de 20 à 25%. «L’un des traits de caractère marquant de l’entrepreneur marocain est qu’il est, dans la majorité des cas, lent à payer ses factures. Cette lenteur est encore plus accentuée en ces temps de crise», explique Abdelhaï Lazrak, gérant associé de Maroc créances, cabinet spécialisé en la matière. «Pour la plupart, ce sont des créances allant dans une fourchette de 5 000 à 100 000 DH. Nous avons remarqué également que les mandants sont plus souples. En effet, on essaie de récupérer 60% du montant et on échelonne le reste selon les capacités de paiement du client, alors qu’auparavant on essayait de récupérer 80% de la créance», note Jamal Krim, administrateur de Recoact, cabinet juridique de recouvrement. Le but n’étant pas d’acculer le tributaire mais plutôt de trouver avec sa collaboration des solutions pour lui faciliter le paiement.

180 jours pour se faire payer…

Les débiteurs indélicats se trouvent en général dans les secteurs les plus touchés par la crise, notamment le tourisme et les matériaux de construction. Les fournisseurs des grandes surfaces, souvent des PME, sont aussi dans cette même situation. Ces dernières, malgré une trésorerie bien garnie et sous prétexte de la diminution du volume de consommation, ne paient pas leurs fournisseurs dans les délais impartis, lesquels deviennent de mauvais payeurs à leur tour. Ce cercle vicieux finit par affecter tous les secteurs.

En attendant, les décrets d’application de la loi fixant sur les délais de paiement et traitant notamment des pénalités à appliquer (60 jours de délai pouvant aller jusqu’à 90 jours dans le cadre d’un accord professionnel), les factures ne sont parfois honorées qu’au-delà de 180 jours. Ces échéances, qui dépassent tout entendement, sont en réalité dues à un cercle vicieux : chaque entreprise détient des créances sur une autre. Conséquence : plusieurs PME ploient sous le poids des impayés. Certaines en sont même réduites à mettre la clé sous le paillasson à cause de problèmes de trésorerie. «On assiste toujours à ce rapport de force entre les PME-PMI et les gros groupes. Si ces derniers peuvent se permettre des écarts de trésorerie compte tenu de leur taille, ce n’est pas le cas des petites structures qui peuvent vite se retrouver en situation délicate voire très difficile», commente Jamal Krim. En plus de créer des problèmes de trésorerie, ces incidents de paiement impactent également le secteur économique en décourageant les nouvelles entreprises qui veulent investir.

«En l’absence d’une réglementation claire en la matière, les investisseurs auront du mal à engager leur argent et les capitaux fuiront les secteurs productifs pour venir alimenter le marché de la spéculation», commente Hammad Kessal, industriel, ex-président de la Fédération des PME affiliée à la CGEM.

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